Zarkava : l'héritage détaillé du génie français
Les français sont ainsi, et les françaises aussi. Dans le registre du sport, leur génie s'exprime souvent de façon assez explosive et ombrageuse, capable de tout faire exploser sur son passage, au risque parfois d'exploser soi-même. Bref, on est latin et pas saxon. Par son passé, son présent et aussi son futur, Zarkava représente, encore plus qu'Allez France qu'elle a réussi à supplanter dans la légende des courses nationale, l'accomplissement absolu de ce que notre beau est capable de produire.

Christophe Soumillon épaté par Zarkava lors de sa démonstration dans le Prix de l'Arc de Triomphe.
En course, l'élève de l'Aga Khan a réuni autour d'elle l'entraineur Alain de Royer-Dupré et le jockey Christophe Soumillon, c'est à dire l'eau et le feu. Tout au long des 7 courses de sa carrière, la fille de Zamindar fut littéralement phénoménale. Elle a pulvérisé l'opposition dans le Prix Marcel Boussac (Gr.1) tout en sautant le passage du poteau. Elle a aussi gagné comme à la parade la Poule d'Essai des Pouliches et le Prix de Diane, même si ces 2 victoires ont été eclipsées dans les mémoires collectives par ses 2 dernières sorties à l'automne de ses 3 ans.
En effet, dans le Prix Vermeille, elle a ruiné ses chances au départ en restant au poteau, montrant alors au grand public son caractère particulièrement prononcé... Mais comme impossible n'est pas français, Zarkava a quand même gagné la course ! Elle a ainsi dépassé ses rivales qui semblaient aviir toutes pris un mur en pleine tête alors qu'elle avait passé la surmultipliée à l'extérieur.

Zarkava saute le franchissement du poteau d'arrivée dans le Prix Marcel Boussac.
Et dans l'Arc, Zarkava a encore été à 2 doigts de perdre à cause d'elle au départ. Ayant tiré le n°1 à la corde, la championne s'est littéralement jetée sur sa droite à l'ouverture des stalles. Si son jockey Christophe Soumillon ne s'était pas montré extrêmement méfiant, s'accrochant à sa partenaire comme si sa vie en dépendait, il se serait retrouvé à terre après un mètre de course ! De fait, engluée à la corde, dans la 2e moitié du peloton, elle s'est faufilée entre les chevaux dans la ligne droite comme dans un jeu vidéo et a laissé sur place ses poursuivants dans les 150 derniers mètres. Prudemment, son entourage a savouré son plaisir au maximum en sachant bien que ce serait la dernière fois... et a tout de suite décidé de ne pas aller plus loin. Car tout de même, subir un pile demi-tour au départ d'un Gr.1 avec le meilleur cheval du monde, ça fait mauvais genre.

L'Aga Khan avait dû attendre un demi-siècle pour retrouver avec Zarkava la qualité de sa lointaine aïeule Petite Etoile, la crack de 1960 et 1961, tout juste à la période où l'actuel Karim Aga Khan IV, chef spirituel perdait successivement son grand-père, l'Aga Khan III, puis son père Aly Khan. Heureusement pour lui, il a obtenu un succès immédiat avec la descendance directe de Zarkava.

Zarak, 4e produit de Zarkava, lors de sa victoire dans le Grand Prix de Saint-Cloud.
Car si la fille de Zamindar, un étalon pourtant décrié, a donné du pique et du carreau, elle a produit beaucoup et du très bon. L'affaire avait mal commencé avec ses 3 premiers produits qui n'ont pas vu un champ de course, même si sa 1ère pouliche Zerkava (Dalakhani) est devenue la mère du bon Zeyrek, double gagnant de Gr.3 en Australie. Mais tout a changé avec son 4e produit Zarak, un fils de Dubawi gagnant de Gr.1, aujourd'hui l'un des meilleurs étalons du monde.

Zarkava avec Zaykava, née en 2017.
Donner naissance à un cheval de la trempe de Zarak, c'est déjà un accomplissement que très peu de championnes en course ont réussi à faire, et donc pas Allez France, ni Goldikova, etc...Mais ce n'est pas tout. Zarkava a donné 2 autres gagnantes de Listed, Zaykava (Siyouni) et Zarkamiya (Frankel). Cette dernière est devenue la mère de la 2 ans Zarigana (Siyouni), une pouliche qui vient de provoquer une véritable stupéfaction dans le Prix d'Aumale (Gr.3) ou elle s'est montrée comme le portrait craché de sa grand-mère. Outre Zarak, Zarkava a donné un autre étalon, Zaskar (Sea the Stars), certes resté inédit mais dont les 2 premières générations ont beaucoup plu en terme de modèle au Haras de Cercy où il fait la monte.

Zarigana, le portrait de sa grand-mère.
Après la naissance de Zaykava en 2017, les derniers produits de Zarkava n'ont pas brillé. Le 3 ans Zarouk (Siyouni) est toujours inédit chez Francis-Henri Graffard, alors qu'il avait été engagé dans le Prix du Jockey-Club et le Grand Prix de Paris. Resté vidé de Siyouni pendant 2 ans, elle a donné naissance à son 13 et ultime foal ce printemps, un mâle de Siyouni.



