Grand National, la course qui déchaîne les passions

31/03/2025 - Actualités
À la veille de la 177e édition du Grand National, la légendaire course d’Aintree continue de faire débat. Entre les réformes controversées et la domination irlandaise, le plus mythique steeple-chase du monde fait couler beaucoup d’encre chez nos amis anglais. 

   Le Grand National et ses obstacle si reconnaissables


Disputé pour la première fois en 1839, le Grand National est devenu, au fil des décennies, la course d’obstacles la plus populaire au monde. En effet, grâce à sa distance de 6 900 mètres, ses obstacles uniques et son très grand nombre de partants, cette épreuve emblématique a conquis le cœur des Anglais. Diffusée en clair à la télévision, elle est suivie par des millions de téléspectateurs dans le monde entier. Ce handicap est également la course générant le plus d’enjeux de la saison. Depuis la fin du Festival de Cheltenham, elle est au centre de nombreux articles dans les médias spécialisés outre-Manche.
 
 
    Ils seront 80 000 dans les tribunes, et des millions devant la télé pour suivre le Grand National
 
 
Chez nos voisins, la presse sait faire monter la pression et créer l’émulation autour des grands événements, parfois ad nauseam, comme pour le Festival de Cheltenham, qui fait l’objet d’innombrables articles, éditos, réponses à ces éditos, pronostics, etc. Cette effervescence – bien que souvent artificielle – nous est peu familière en France. Des différences entre nos deux cultures expliquent sûrement ce rapport à l’information. Chez nous, les médias – France Sire y compris – n’adoptent pas les mêmes méthodes que leurs homologues britanniques, dont le public a un goût prononcé pour les tabloïds et les prises de position choc. Au sujet du Grand National, ces dernières ne manquent pas dans les colonnes des principaux journaux, notamment depuis les réformes mises en place l’an passé.
 
 
 
 
 
Face à la pression des activistes de la cause animale, qui avaient envahi la piste en 2023, retardant ainsi le départ de la course, les organisateurs ont décidé de réformer l’épreuve. Ainsi, la distance séparant le départ du premier obstacle a été réduite afin de ralentir la vitesse à laquelle le peloton aborde cette difficulté, et le nombre de partants est passé de 40 à 34. Cette dernière mesure a fait couler beaucoup d’encre outre-Manche. En effet, cela signifie que six chevaux et leurs entourages se retrouvent privés de participation, et donc du rêve de remporter la course d’obstacles la plus prestigieuse au monde. Or, l’impressionnant nombre de partants et l’incertitude qu’il induit faisaient tout le charme de cette course.
 
 
      I Am Maximus, le tenant du titre
 
 
Dès lors, les journalistes anglais avaient prédit que cette réforme favoriserait les meilleurs chevaux. Une prédiction qui s’est avérée juste puisque l’édition 2024 a été remportée par I Am Maximus, un protégé de Willie Mullins, lauréat de Gr.1 quelques mois auparavant. Il devançait ce jour-là trois autres vainqueurs au plus haut niveau, dont Minella Indo, qui avait remporté la Gold Cup en 2022. La presse anglaise dénonce également le fait que ces nouvelles conditions avantageraient les entraîneurs irlandais, déjà dominateurs dans les plus grandes joutes de l’obstacle, en empêchant certains chevaux anglais, aux ratings inférieurs, de prendre le départ.
 
 
 Willie Mullins et les irlandais arrivent conquérents en 2025
 
 
Pour la 177e édition du Grand National, disputée samedi à 17 h, les visiteurs irlandais semblent une nouvelle fois très bien armés. En effet, ils présentent six des sept favoris actuels. Parmi eux figurent le tenant du titre I Am Maximus, Stumptown, lauréat du Cross-Country lors du Festival de Cheltenham, ou encore l’attachant Hewick, ancien vainqueur du King George Chase. Cependant, l’actuel favori s’appelle Iroko et il est entraîné en Angleterre par Oliver Greenall et Josh Guerriero. Cet élève de Jacques Cyprès, vainqueur au Festival, semble avoir tous les atouts pour faire briller les Anglais et donner tort aux journalistes par la même occasion.
 
 
Iroko, l'actuel favori

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