L'histoire de DNA : Danzig, l'ombre et la lumière

22/08/2020 - Chef de race
 Un des plus fameux chefs de race des temps modernes, encore très présent dans tant de pédigrées, n'a jamais couru le moindre black-type, bien qu'invaincu en 3 courses. Trop gros, trop lourd pour ses mauvais genoux : voici l'histoire de Danzig qui vous est contée par Thierry Grandsir.
 
DANZIG (1977-2006), par NorthernDancer et Pas de Nom (Admiral’s Voyage)
 
 
Danzig est l’un des Chefs de Race les plus récurrents dans les pédigrees classiques contemporains, et ce sur tous les continents. Son nom, évocateur de la ville polonaise de Gdansk, est connu de tous. Par contre, sa génétique est empreinte de mystères, tantôt ombre, tantôt lumière éclatante…
 
 
 
Danzig est né le 12 février 1977 dans le Kentucky, co-élevé par Derry Meeting Farm et William S. Farish III. Pas très grand (1,60 m à l’âge adulte) mais harmonieux, compact et masculin, il ressemble beaucoup à son père Northern Dancer en plus puissant : un yearling étincelant qui fera afficher $310,000 à Saratoga. Dans l’ombre, des genoux décalés, des jarrets un peu coudés, et une masse trop importante pour ses jambes.
 
 
 
 
Sous la houlette de Woody Stephens, Danzig se montre brillant à l’entraînement et enchaîne les galops prometteurs. Rien de très étonnant pour un fils de Northern Dancer issu d’une descendante directe de Teddy, cette formule ayant aussi engendré Nijinsky II, The Minstrel, Night Shift, Northfields, Northern Taste et Storm Bird. Woody Stephens est impatient et engage Danzig en juin de ses 2 ans : victoire éclatante par plus de 8 longueurs sur 1100 m. Dans l’ombre, un genou défaillant nécessite une opération chirurgicale et la pose de vis…
 
 

Danzig en course, un champion invaincu en 3 courses...mais n'ayant jamais disputé une stakes.
 
 
Après une longue convalescence, Danzig effectue sa rentrée au printemps de ses 3 ans. Il l’emporte par 7 longueurs sur 1200 m, avant de récidiver sur 1400 m par 6 longueurs, de bout en bout et avec une énorme supériorité. Mais l’ombre devient ténèbre, une fracture du genou met un terme définitif à sa carrière.
 
Invaincu en trois sorties non black type pour seulement $32,400 de gains, c’est un peu juste pour intégrer un grand haras. Woody Stephens le sait, et s’en veut de ne pas l’avoir couru dans un Stakes. Il remue ciel et terre pour assurer la carrière d’étalon de son pensionnaire, et parvient à convaincre un des ses propriétaires, Seth Hancock (ClaiborneFarm), qui s’interroge toutefois sur la part d’ombre du pedigree, la souche maternelle.
 
 
 
 
 
Née en 1968 aux USA, la mère de Danzig était une foal si peu lumineuse que son éleveur, W. Graham DeCourcy, ne trouvait pas l’inspiration pour la nommer. A cours d’idée, il l’avait baptisée …Pas de Nom !
 
Guère plus attractive à l’âge yearling, Pas de Nom avait changé de main pour seulement $4,700, à peine plus que les gains de sa mère en courses. Quant à son père Admiral’s Voyage, un des bons éléments de sa promotion, il n’avait encore rien produit de notable et ne fera pas mieux ensuite (seulement 8 gagnants de Stakes, et un transfert en Louisiane).
 
 
 
PAS DE NOM, la mère de DANZIG…
 
Pas de Nom s’est sans doute souvenue que sa deuxième mère Steady Aim avait remporté les Oaks St. (Gr.1) à Epsom, car elle fit carrière de brillante manière en remportant 9 victoires en 42 sorties dont plusieurs Stakes. Retour dans l’ombre au haras, aucun de ses onze foals ne parvint à conquérir du caractère gras en courses…
 
Qu’importe, Claiborne Farm accepte Danzig et lui offre une belle jumenterie. Résultat : un titre de tête de liste des premières productions aux USA et un premier Champion avec Chief’s Crown. Cette réussite accompagnera Danzig de façon constante jusqu’à sa dernière saison de monte, à l’âge de 27 ans, pour un bilan orné par trois titres d’étalons tête de liste des pères de gagnants, 200 gagnants de Stakes (18,4% de sa production!) et une soixantaine de lauréats de Gr.1, soit un foal sur vingt !
 
Le bai pur Danzig, en pleine lumière, établit l’une des plus grandes lignées mâles actuelles, tant sur le plan qualitatif que quantitatif. Il est relayé par ses fils Danehill, Green Desert, Chief’s Crown et Anabaa. Son sang est synonyme de vitesse de base (d’où sa qualification de Chef de Race « intermédiaire / classique »),d’équilibre, de précocité, de puissance et de bon tempérament.
 
 
 
 
Dans l’ombre, Danzig se montre moins améliorateur en tant que père de poulinières, malgré 17 gagnants de Gr.1 à l’actif de la production de ses filles. Les bons pères de mères issus d’une famille maternelle creuse sont rares. De même, 43 gagnants de Gr.1 revendiquent un inbreedingen 4x4 ou inférieur sur Danzig, un score remarquable mais trompeur : les études que nous avons menées montrent qu’il y a une proportion identique de performers médiocres, moyens et supérieurs émanant de cette formule. L’inbreeding sur Danzig n’est ni positif ni négatif, mais neutre…
 
Qu’importe, le nom de Danzig ne disparaitra jamais des grands pédigrees classiques. S’il repose à l’ombre des grands arbres de Claiborne Farm, sa lumière est éternelle !
 
 
 
 

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